Dégagez les vieux, affirmez votre pouvoir

Photo Hamdi Baala ©

Pas une seconde je n’ai cru à ces « initiatives », pas par principe ou par idéologie. Simplement parce que dès le départ elles n’ont servi que de vitrines à leurs promoteurs et qu’elles ont ignoré Ramzy Yettou…

Trois texte publiés le même jour sur le site Nedjma. Du même auteur, et avant un autre vendredi. Sur les mêmes sujets. Deux textes non publiés cette année. Et celui ci pour vous les introduire.

Parce que finalement, après 6 ans d’existence et si peu de contributions de votre part, amis lecteurs et amis lectrice, ce site disparaîtra l’an prochain. Un testament politique et littéraire en quelque sorte. Un dernier appel.

Un site coûte cher, publier demande du temps, et si finalement personne ne semble intéressé, alors il faut accepter la réalité et disparaître.

Après avoir publié cette information sur la page Facebook sans que cela ne suscite la moindre réelle réaction, je suis amené à penser que cette disparition n’est finalement pas bien importante, que Nedjma ne vous manquera pas. Bon vent, on dit. Bon débarras.

J’avais espéré que vous écririez, que vous m’enverriez vos idées, vos textes, vos photographies afin de raconter le pays, ces moments que vous y traversez et qu’au fil du temps, en vous donnant cette parole j’aurais pu de mon côté faire rentrer le monde dans ce site puisque j’habite très très loin de l’Algérie et que ce site était avant tout pensé pour devenir un site à vocation internationale. C’était ambitieux, hein. Un peu comme une ambition d’Algérie nouvelle. Je dois être un peu con, être ambitieux, penser « international », « ouverture » en pensant à l’Algérie…

Je vous raconterai cela un peu plus loin

Mais Facebook est plus fort que tout. On y écrit beaucoup, on y partage beaucoup, et en trois jours tout est avalé, il ne reste plus rien et ce qui aurait pu produire de la pensée ne produit qu’une sorte de rot du temps, on pète l’actualité, on pisse du mécontentement et on chit des colères, puis la timeline tire la chasse, évacue le tout pour en faire du big data et nourrir des algorithme. Pour nous, tout est perdu, oublié.

Nedjma rêvait temps long pour étendre sa chevelure et se rêver en vous et vous donner le temps de vous rêver en elle, elle, la batarde magnifique et insaisissable, fascinante et belle de nous, de nos yeux avides d’exister enfin à nous même, impatients de réaliser la promesse et dénouer les chaînes de ces souffrances dans lesquelles nous nous débattons sans jamais renoncer.

Nedjma, 6 ans déjà

Depuis l’affaire de la cocaïne, je savais que c’était là, le moment, le moment clé. Je garde le Texte Allez jeunesse comme le texte le plus important et le plus visionnaire que ce site vous ait offert, il n’était pas seulement visionnaire car il contient encore tout l’horizon à atteindre pour surmonter l’actualité, l’urgence du moment.

Le père d’un trafiquant de cocaïne associé à un promoteur véreux et pourri surnommé « le boucher » coopté par le système comme « président ».

La répression de notre jeunesse

Ce texte-ci, donc. Pour présenter les deux autres, écrits dans l’année et que je n’avais pas encore jusqu’ici mis en ligne.

Ensuite, un texte de colère écrit en juillet, de colère et de révolte au sujet des « initiatives de la société civile », et que je n’avais pas voulu publier car je ne voulais pas semer du trouble, ce mouvement paraissait encore si fragile.

Les personnalités, malgré leur sincérité, ont promu une démarche de dialogue bidon et sont responsables de l’impasse dans laquelle nous sommes, elles se sont disqualifiées, et cela est patent depuis des mois. Le simple fait qu’elles aient accueilli Benflis les disqualifie.

Et surtout, le texte, le très long, très très long texte, un manifeste politique global, LE COURAGE DE GAGNER, que j’avais écrit en juin 2019. Je l’ai partagé autours de moi, j’ai attendu des retours, bons ou mauvais, et puis rien n’est venu. Des remarques par ci, des remarques par là. Mais finalement rien de concret qui aurait pu m’encourager à le mettre en ligne et engager un dialogue.

LE COURAGE DE GAGNER

Colère

J’ai rongé une colère sourde en voyant chaque semaine le peuple, vous toutes et tous, descendre dans la rue, faire votre travail civique parfois au risque de votre liberté et même de votre vie avec la multiplications des arrestations, j’ai vu la jeunesse en votre sein donner sa force et braver la situation. Et face à cela, j’ai vu le pouvoir se reconstruire patiemment avec l’assentiment des capitales occidentales trop avides de continuer business as usual avec un pouvoir si prompt à critiquer « la main de l’étranger » face caméra, et si enclin à se remplir les poches des devises de l’étranger dans les coulisses.

Et au milieu, ces dindons des « initiatives de dialogue », remettant en scène les Benflis et autres vieilles tronches du régime. Des « initiatives » qui ont mis des semaines, des mois à commencer à parler des arrestations de manifestants, qui ont à peine parlé de la répression et passé sous silence la mort de l’un des nôtres, Ramzi Yettou. Ces « initiatives de dialogue » qui prenaient tant de soin à cultiver le secret, l’entre-soi, l’équilibre du discours, à éviter ce qui divise pour ne parler de rien, et qui pour finir ont été incapables de faire le minimum de ce que l’on pouvait en attendre: mettre en avant des mots d’ordre afin de rythmer les vendredis.

https://nedjma-djazairiya.com/quils-degagent-e…initiatives-avec/

Ce ne sont pas ces « initiatives » qui ont produit les slogans, c’est la jeunesse, ce sont les youtoubeurs, ce sont les instagrameurs, ce sont les artistes, c’est la jeunesse algérienne qui en vivant avec son temps et en ayant le courage de s’exposer a utilisé tous leurs moyens, toute son imagination et toute sa force pour rythmer le mouvement, le politiser, en faire une force d’entrainement pour toute la société.

Ces « initiatives  de dialogue », hormis le fait de remettre en scelle des politiciens véreux et de débattre de on ne sait pas quoi puisque tout y était savamment tenu secret, dans le plus pur style du régime qu’elles prétendaient combattre, ont été l’illustration parfaite de leur totale déconnection d’avec la société ainsi que de la hogra qui a règne jusque dans les milieux de l’opposition autoproclamée. Au peuple le mardi et le vendredi, les arrestations et les grenades lacrymogènes, et aux « initiatives » les choses sérieuses, le pouvoir, les tractations secrètes.

De la colère, oui

Si le régime se sort si bien de ces élections, ce n’est pas seulement parce que Gaïd Sallah a su manoeuvrer et utiliser la force. C’est aussi et surtout parce que ces structures de « dialogue », leur logique et leur sens de la cooptation bureaucratique étaient des initiatives sorties d’un autre temps, menées par des gens d’un autre temps, sans imagination ni sans aucun sens du moment ni surtout habitées d’une certaine hantise du peuple que l’on flatte par ici mais dont on se méfie en veillant à ce que toutes les décisions soient prises loin de ses regards.

Une colère sourde m’habite depuis le mois de mai. Dans ces textes que je mets en ligne sur le site Nedjma aujourd’hui, vous comprendrez comment je suis en colère depuis des mois, et comment aussi je me suis retenu d’exprimer cette colère pour ne pas apparaître comme un gêneur.

Pas une seconde je n’ai cru à ces « initiatives », pas par principe ou par idéologie. Simplement parce que dès le départ elles n’ont servi que de vitrines à leurs promoteurs et qu’elles ont ignoré Ramzy Yettou. Elles auraient du, elles avaient le devoir de faire de ce jeune garçon qui avait la vie devant lui et qui a été tué par la brutalité policière déchainée par le pouvoir, un symbole, un héros et un nom à marteler jusqu’à ce que le fruit pourri du système tombe enfin dans la grosse flaque de merde qui le symbolise.

Dire Ramzy Yettou, c’est raconter ce pays, c’est exprimer un rêve et une colère. Il est mort sous les coups de la police comme d’autres meurent dans la Méditerranée…

Non. Ça a été comme si Ramzy était mort pour rien, et cela m’a mis en colère. J’ai gardé cette colère pour moi, une colère teintée de chagrin pour sa famille. Quand on a cet âge, qu’on manifeste contre un régime politique, c’est aussi pour sa mère qu’on manifeste, pour ses frères, ses soeurs. Quand on a les yeux de l’espoir d’un avenir meilleur, c’est qu’on a en soi la tentation du haraga, mais qu’on ne veut pas, alors on se bat pour rester au pays et en faire un pays où on pourra vivre.

Dire Ramzy Yettou, c’est raconter ce pays, c’est exprimer un rêve et une colère

Il est mort sous les coups de la police comme d’autres meurent dans la Méditerranée. Et les dindons des « initiatives » ont été incapables de raconter Ramzy, de donner le pouvoir aux jeunes, de les inviter, de les écouter et de leur céder la place. Ils étaient trop occupés à négocier pour que Benflis et d’autres vieillards corrompus viennent accorder de l’importance à ces dites « initiatives ».

D’avril à juillet, ça a été le bal des régressions bureaucratiques. Il n’a plus fallu parler de femmes, il n’a plu fallu parler de répression, il n’a plus fallu parler de drapeau, il n’a plus fallu parler de rien, juste se réunir, faire une prière, donner la parole à des spécialistes en exportation de devises et en achat d’immobilier parisien sous le regard médusé des dindons de l’opposition se disant que c’était le prix à payer pour changer le système, allant de renoncements en renoncements et de trahisons en trahisons.

Taire la colère par peur de gêner

Et puis j’ai mes raisons. Je suis modeste, en fait. Il est temps de vous parler de moi.

Je vis au Japon. Je suis né en France. L’an dernier, quand j’ai voulu refaire ma carte d’identité algérienne au Consulat à Tôkyô où je ne suis pas enregistré et que je contactais donc pour y être enregistré, je me suis fait incendier par l’illettré de consul qui m’a fait un « vous êtes qui » auquel je ne m’attendais pas.

Pourtant je suis aussi algérien que lui, j’avais ma carte d’identité que j’ai perdue, je voyageais sur le passeport algérien de mon père, on envoyait un peu d’argent au bled, j’ai de la famille du côté de mes montagnes, j’ai passé mon certificat d’études algérien en 1978, j’ai suivi des cours d’arabe organisés par l’Amicale… Mais bon, c’est comme ça. La hogra. Je ne suis rien, qu’il m’a fait comprendre.

Tout ça pour dire que n’ayant pas vécu en Algérie, n’y vivant pas et étant de fait de nationalité française comme nous sommes très nombreux à l’être, je ne me suis jamais senti autorisé à « décréter » ce qu’il faut faire en Algérie.

Je ne suis pas un de ces dindons usés de l’opposition. Moi, j’aimerais voir la jeunesse exploser tout ça, même si ça tanguait, même si c’était un peu bordélique au début.

Nedjma

J’ai pensé Nedjma comme un outil « au cas où » il se passait quelque chose parce qu’à l’époque où j’ai créé ce site, en 2013, j’étais persuadé qu’il se passerait quelque chose, je sentais une culture nouvelle émerger du néant dans lequel l’avait plongé la guerre civile. On me dira que non, ce n’était pas le néant et je ne doute pas un instant qu’on y créait, qu’on y vivait. Je sais. Mais un pays, une population, une culture ne se remettent pas facilement d’une guerre qui fauche ses écrivains, ses artistes, ses chanteurs, qui terrorise la pensée et la population dans des massacres qui pour longtemps encore défieront l’imagination de celles et ceux qui ne les ont pas vécus ou qui sont nés depuis.

J’ai pensé Nedjma en pensant aux jeunes, à cette prison qu’était devenu ce pays fermé sur le monde et fermé au monde. À ces jeunes qui par tous les moyens cherchaient à le quitter pour n’importe où, à ces jeunes qui préfèrent mourir en mer que vivre dans cette taule.

C’est à la jeunesse que je pensais en écrivant Allez, jeunesse.

J’ai pensé à Nedjma en pensant à moi, à nous, à nos parents, les émigrés, à l’exil et à cette histoire de l’émigration qui est totalement absente de vos livres d’histoire ou dont le pouvoir ou les jaloux ne parlent que pour parler de nos « devises ».

Allez jeunesse/S

Que savez vous de nous?

Vous ne savez rien des bidonvilles où beaucoup d’entre nous ont grandi ni de la pauvreté de nos parents ni des brimades policières. Vous ne savez rien des boulots indignes et mal payés que nos pères et même nos mères ont du accepter pour nous nourrir et vous envoyer un peu d’argent. Vous ne savez rien des brimades, du racisme et de l’échec scolaire, de la drogue ni de la délinquance qui ont brisé toute une génération des nôtres aux marges des grandes villes où le pouvoir français nous avait relégués.

Vous ne savez rien des petits trafics minables dans lesquels survivent vos frères, vos enfants après être parvenus à traverser la Méditerranée pour échouer quelque part du côté de Barbès et vous ne voulez pas savoir ce qui vous déshonorerait si vous saviez, et vous ne pouvez donc pas savoir qu’ils n’ont peut-être même pas eu le choix. Si vous vouliez savoir, si vous saviez, vous buteriez tous les salopards de ce régime qui sont responsable de l’échouage de tant de garçons et de filles qui aspiraient à une vie simple avant de s’échouer, sans papiers, puis tomber, tomber…

J’ai pensé à Nedjma parce que je ne peux m’empêcher de penser que nos destins sont liés, que les haragas aujourd’hui nous rattachent à travers une même histoire de l’errance et de l’émigration, que nous sommes liés les uns aux autres et que nous connaitre, nous accepter parmi vous, ce serait un peu comme réparer les déchirures profondes que notre histoire a produite.

Penser Nedjma

On ne peut pas penser Nedjma sans rêver à l’Algérie.

On ne peut pas penser Nedjma sans comprendre qu’elle est en nous et que voir Nedjma, c’est commencer par nous regarder. Tels que nous sommes.

Comme beaucoup parmi nous qui sommes nés en France, nous vous regardons mais vous ne nous regardez pas vraiment, ou alors avec envie et jalousie. Nous, on vous regarde en rêvant à un possible qui ne vient pas, nous perpétuons l’exil de nos parents, l’illusion d’un retour, un jour inch’Allah. Nos regards se frôlent mais jamais ne se croisent. Ce régime a fait de nous des étrangers sortis du même sang. Je hais ce régime.

J’ai pensé Nedjma sans vouloir m’imposer à vous, j’ai ouvert le site, je vous ai demandé d’écrire ce que vous vouliez, de raconter ce pays, dans la langue de votre choix, rien n’est venu, quelques contributions éparses. Or, et c’est pour cela que je vous ai raconté qui je suis, je ne me sens pas autorisé à parler de vous, à parler pour vous. J’ai des compétences, il y a des choses que je sais faire et que je peux faire, j’écris mais je ne peux pas me mettre à la place d’un algérien vivant en Algérie.

Je n’ai pas cette malhonnêteté là. Je ne l’aurai jamais. Je suis démocrate comme beaucoup de pseudo-démocrates algériens ne seront jamais.

J’ai une colère sourde en regardant où vous en êtes

Coincés par un pouvoir qui joue la montre et se révèle de plus en plus implacable, et piégés par une « représentation » autoproclamée complètement à côté de la plaque. Et incroyablement admiratif aussi, rempli de respect devant tant de résilience, tant de résistance, tant d’initiatives qui sortent de votre imagination et de cette soif de dignité inébranlable qui fait de vous un peuple courageux, noble, et véritablement mur pour franchir ce saut magnifique vers une démocratie qui ne serait pas une façade, mais une réalité enracinée dans votre quotidien.

Je publie donc ces texte avec l’espoir intact qu’ils seront une de ces nombreuses contributions qui aideront à faire tomber le fruit pourri de ce régime indigne et corrompu. Avec une parfaite conscience qu’il vous faudra peut-être pour y parvenir secouer, voire vous débarrasser de cette opposition autoproclamée qui a failli à parler de projets, qui a refusé d’apprendre publiquement à ne pas être d’accord tout en se respectant, qui a mis des mois à s’opposer à la répression et quand elle l’a fait n’a même pas généré d’appel, de mobilisation ni de mots d’ordres quand elle n’a même pas parlé, dès avril, de celui qui d’entre-vous est tombé le premier et qui mérite, et avec lui tous les haragas d’hier et d’aujourd’hui, morts ou vivants, qu’on se mette à la hauteur de sa disparition pour faire qu’il ne soit pas mort pour rien.

Il est grand temps de vous

Il est grand temps de nous. Constituez vous en quartiers, en partis même si c’est interdit, discutez de projets politiques sans vous limiter à la question constitutionnelle qui ne peut être vue que comme un moyen et non une fin. Discutez de ce que vous voulez pour ce pays. Faites-le sans ces “initiatives” bidons et dépassées, imposez-vous à elles sans leur demander la moindre autorisation comme elle ne vous a demandé aucune autorisation pour parler en votre nom.
Mettez vous en réseau.
Créez un avenir, le vôtre, encore plus fort et encore plus beaux que lors de ces marches du vendredi. Ambitionnez-le comme un pays vers lequel se tournent du monde entier des yeux remplis d’espoirs, ambitionnez-le drôle, créatif, frondeur, rempli de votre énergie avec dans son coeur l’énergie de cette jeunesse magnifique qui ne laisse de surprendre le monde entier.
Ambitionnez-le tel qu’il s’inventera et non en regardant des soi-disants modèles qui n’en sont pas, de ceux où on épuise les sols en réduisant une partie de la population  à un quasi esclavage, même et surtout si leurs gratte-ciels éveillent en vous comme ils le font en moi parfois une certaine fierté. Ambitionnons d’être bien mieux que cela.

Ambitionnons d’être beaux

Faisons de la politique/S, faisons de la culture/S, faisons la politique/S et soyons la culture/S dont ce pays à besoin. Et gardons au fond de nous cette flamme: ambitionnons de faire que la mort de Ramzi Yettou n’ai pas été vaine.

Ambitionnons-nous.

Allez jeunesse/S!

Ce site vous est ouvert pour toute publication. Vous pouvez y échanger textes, photographies, informations, appels. Ecrivez à cette adresse

LE COURAGE DE GAGNER

Qu’ils dégagent, et les « initiatives » avec!

Allez jeunesse/S

Madjid Ben Chikh
Madjid Ben Chikh

Auteur, blogger, enseignant né en France et installé au Japon depuis 2006. Responsable du site Nedjma.

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