Belaredj, el Haik en ville

« Je créée une revue (…) Le numéro zéro est prévu pour la deuxième moitié de ce mois. La publication est mensuelle.

Je voudrais savoir si vous accepteriez d’écrire quelque chose pour expliquer, raconter ces sorties en hayk qui se développent ainsi que partager quelques photographies. Il y a la quelque chose de neuf, de heureux et j’aimerais beaucoup que la revue en parle.
La revue mélangera photographie, littérature et réflexion, etc,(…), elle est algérienne dans le sens d’une centralité algérienne, sans être renfermée sur l’Algérie. C’est un site contributif, chacun peut donc y contribuer. » – 
Photos Souad Douibi, Jasmine Imene (Journée pas comme les autres, marche dans la ville), Hamid Douakh (Journée Hayek sur Alger, portraits de femmes en Hayek), toutes 2013 (CC-BY-NC-ND)

Pourquoi le Haik ? Pourquoi ce support comme moyen d’expression artistique ?
L’idée du Haik m’est venue par besoin de revivre une époque ancienne mais aussi par nostalgie aux beaux temps d’Alger la Blanche, mais après plusieurs performances, ma démarche artistique a évolué car ce genre de performance trouve son éclat dans ma vie d’artiste goutte-à-goutte. C’est un travail qui ne se constate pas à l’instant même, c’est toute une recherche, une vie, une évolution dans le temps et dans l’espace aussi.

Ma première performance Haik « Belaredj, femme en Haik », je l’ai développée pendant un work-shop à l’école « Artisimo », à Alger, dans le cadre de « Warachet » avec l’artiste plasticien Karim Sergoua et la performeuse Sarah El Hamed, en juillet 2012.

En janvier 2013, j’ai lancé l’évènement sur facebook pour avoir plus d’écho et j’ai réussi à attirer l’attention d’une grande audience, dont une vingtaine de femmes qui ont participé à ma performance, sans oublier le nombre important des photographes et journalistes, ces derniers ont mal compris ma démarche artistique et ils l’ont interpréter comme un geste patrimonial.

L’incarnation était présente en force le jour de 21 mars 2013, on était dans la peau de nos ancêtres. C’est vrai que le Haik est turque, mais il fait partie de notre identité visuelle et quand on parle de Haik, on parle d’Alger et toutes les villes de la région Hadria comme Tipaza, Cherchell, Dellys, Blida …etc.
Le but de Belaredj est artistique et il n’a rien à voir avec la sauvegarde de patrimoine. J’utilise le Haik comme un outil pour réaliser mes performances mais aussi comme une identité pour dire que je suis une femme, je suis algérienne. Je fais la promotion de Haik à ma manière mais, mon idée ne s’arrête pas à ce stade de réflexion.

J’incarne la femme en Haik et je la place avec n’importe quelle femme qui vit dans ce monde. Je me balade toute seule, je rentre dans des cafés, je pratique le sport et je parle à des hommes et je vais même dans des salles de cinéma sans avoir besoin d’un homme pour me protéger ou bien pour marcher derrière lui.
Je suis plasticienne et moderne, le Haik n’est qu’un accessoire pour mettre en valeur ma beauté algéroise et mon identité.

C’est mon passeport.

Souad DOUIBI, Alger 19 septembre 2013

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Belaredj « Les quatre ports d’Alger »

Prochain RDV : samedi 12 octobre, 10:00 Port De Tipaza
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